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 Au détour de nos vies ✘ EMMALINE & CONSTANCE

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MessageSujet: Au détour de nos vies ✘ EMMALINE & CONSTANCE   Ven 25 Sep - 20:21


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Au détour de nos vies

En fait, quelle certitude avons-nous vraiment ? Certainement pas celle d’exister dans ce monde cruel. Encore moins celle de penser, notre cerveau est un menteur qui use d’artifices comme les rêves afin de falsifier la réalité. Celle d’aimer ? En aucun cas. Nous ne pouvons que nous résoudre à accepter la vie comme elle vient et la mort comme elle nous coupe en plein fouet. Comment faire autrement ? Espérer un rêve ? Tenter de le réaliser ? Parfois, ce que nous souhaitons le plus n’est pas ce qui nous convient. L’erreur que commettent tous les humains est de croire qu’en réalisant leur vœux, ils connaîtront le bonheur. Mais parfois, les choses s’imposent d’elles-mêmes. Elles vont et viennent, tournent et se traîne partout et tout autour de nous. Il n’est alors plus question de bonheur et de joie ; ni même de toute autre forme de sentiment. L’amour, encore l’amour, toujours l’amour. Cette chose qui semble constamment être le centre des conversations, ce concept qui omnibule les pauvres mortels que nous sommes. Dans ce que nous pensons être cœur, il y a toujours une part de mensonge. La seule certitude que nous avons vraiment est donc le mensonge et à travers lui, notre mort. Il n’y a pas d’amour heureux.
J’ai eu la chance de connaître un homme bon. D’amour, je ne parlerai plus ; je n’y ai jamais accordé grande importance. Personne ne s’est jamais réellement soucié de moi. M. Bonacieux prend soin de ma personne, m’honore hebdomadairement dans le lit conjugal. Il ne me bat point vraiment, il est plutôt bon et généreux envers moi. Surtout envers ma famille qui survit grâce à ses dons.
Et malgré tout cela, je me sens tellement mal d’avoir été livrée dans les bras de cet homme il y a bientôt quatre ans déjà. Privée de ma beauté et de jeunesse première. Son acharnement pour avoir un héritier me répugnait ,au départ. Avec le temps, j’y pris accoutumance et je fini par désirer porter un enfant car enfin, il s’agirait du premier être désirant ma présence et moi en tant que personne plus que tout. Peu importait donc s’il était de ce tailleurs.
Nous étions un lundi matin et la crié au poisson avait lieu Place de Grève. Odeurs incommodantes, moiteurs et sueurs des rues parisiennes bondées par jour de marché. Monsieur mon époux me tirait par le bras en fendant la foule. Son discours était sec mais je n’en ouïssais que le moitié, puisqu’il était entrecoupé des brouhahas humains.

-Madame, combien de temps cela fera-t-il à présent ? Quatre printemps, si je ne m’abuse ? En quatre années, quatre années où vous avez été logée, nourrie et chérie, vous n’avez point été capable de vous montrer féconde. Rendez-vous à l’évidence… J’avance en âge, l’affaire prospère, nous nous devons d’avoir un héritier. Je vous promets des robes et des rubans…

Des robes et des futilités ! J’en avais par dizaines  alors que toutes les filles des rues traînaient en guenilles. Je portais en ce jour la robe en soie et cachemire brodé en Flandre. Dans les étoffes émeraude de sa belle robe, j’évoluais contrastant avec le reste du peuple. C’est tout l’avantage d’avoir épousé un tisserand.
Cependant, Bonacieux n’entendait rien aux femmes et surtout pas à mon fonctionnement hormonal. Il pensait que j’étais coupable de ces choses et que si j’exécutais ce devoir sagement, je mériterais récompense. Mais qu’y pouvais-je si cela faisait quatre ans que j’étais infertile ?
Un moment il se retourna vers moi. La foule était moins dense.

-Je vous en conjure, fit-il en souriant. Vous savez bien que vos parents …

Je m’empressai de protéger mes géniteurs.

-Oui, Monsieur mon époux, je sais tout cela fort bien ; je vous supplie de m’accorder votre pardon et d’encore être patient à mon égard.



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Emmaline A. Winterfell

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MessageSujet: Re: Au détour de nos vies ✘ EMMALINE & CONSTANCE   Dim 27 Sep - 21:10

Au détour de nos vies
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« Que mon sort puisse être favorable »

En cette belle matinée, je me suis donc réveillé. Tiré par les lueurs du jour, ce maudit astre qu’on appelait soleil était toujours en train de me titiller pour me sortir du sommeil le plus profond. Regardant, en l’air, tout en fixant ce somptueux plafond, rien de bien intéressant à dire vrai. Retirant les draps qui étaient enroulés autour de moi, pour ainsi avoir la totalité de mes mouvements. Sortant de ma prison des draps, j’étais enfin libre de bouger comme je le désirais. Cela faisait bien deux semaines que je me trouvais à Paris, loin de mon chez-moi, loin de mon père, et surtout loin des loups. Mon cœur avait connu un terrible déchirement, néanmoins, je ne désirais en aucun cas épouser cet homme qu’on m’avait imposé ! Ce monstre de Duncan McKeir, bien que cet homme soit plutôt agréable à regarder, je ne pouvais oublier ce que se disaient les personnes. Un homme qui ne prêtait guère attention aux compagnes qu’il avait pu avoir, trop de morts entouraient cet homme. Et je ne pouvais espérer un tel souhait.

Secouant rapidement la tête pour éviter de trop penser à mon fiancé, une fois, mes idées claires, je m’étais dirigé devant le miroir qui surplombait ma coiffeuse. On m’avait décerné une chambre qu’utilisait la fille des propriétaires.Une chambre assez basique, mais qui me convenait amplement. Je n’en demandais pas temps, en revanche ce qui était beaucoup plus pratique, c’était que nous faisons la même taille et presque les mêmes mensurations. Néanmoins, j’avais tout de même besoin d’aide pour me vêtir, les corsets étaient beaucoup plus compliqués que prévu. Étant plus jeune, je n’en portais pas et le fait de devoir en mettre constamment, mettais certes un avantage à ma silhouette comme le disait, cette brave femme chez qui je logeais. Cependant, je le crains qu’il ne faille m’apprendre à ne pas respirer..

Au bout d’une trentaine de minutes, une femme de chambre m’était venue en aide, pour m’habiller, je lui en fus très reconnaissante, d’avoir pris la gentillesse de m’aider, même si cette dernière m’avait clairement dit n’avoir fait que son travail. J’en avais conscience qu’elle ne faisait que son travail, pourtant, je ne pouvais que l’en remercier. J’avais appris à être reconnaissante de ce que pouvait m’apporter, d’ailleurs ça n’avait pas vraiment été le cas pour ma part, jusqu’au moment où j’avais retrouvé mon cher père. Enfin, il ne fallait point recaser le passé, ce qui était fait ne pouvait être défaire.

Sortant de ma chambre pour prendre un copieux petit déjeuner, j’avais toujours bon appétit, parfois en cachette, je m’aventurais dans les cuisines pour demander à certaines cuisinières de m’apprendre, c’était quelques choses d’extraordinaire, de connaître ce que les autres peuvent faire avec leurs mains. Elles me disaient souvent que ce n’était pas à moi de faire cela et que je devais être digne de mon rang, mais qu’importait, je voulais apprendre et quoi de mieux que de transgresser les règles ? Mon déjeuner s’était fait dans la joie et le bonheur, offrant par la même occasion de la nourriture au domestique. Je ne pouvais pas tout avaler à moi seule.

Finalement tout, c’est passer sans encombre et je m’étais aventuré dans le marché du village, c’était une expérience nouvelle ! De n’être connu que de peu de monde, voir ne nouveau visage, un nouveau paysage.. Continuant de divaguer dans ma petite folie du moment, mes oreilles avaient-elles prêté attention à une conversation entre un homme et surement son épouse. Je trouvais vraiment honteux de la part de cet homme de parlementer ainsi à son épouse. Ce n’est pas ainsi qu’on pouvait concevoir un enfant.. Pas en l’achetant avec des morceaux de tissu, parfois, je trouvais ce monde terriblement injuste ! Pourquoi diantre ne disait-elle rien. Hormis s’excuser ! Elle devait lui dire que ce n’était pas elle qui était à blâmé et menacer les parents de la demoiselle ne montait que plus haut mon agacement. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’écoutais une telle conversation cela ne me regardait aucunement, mais je désirais au plus profond de moi que cette femme montre un peu plus que d’être soumise à son époux. Je n’allais pas laisser cela impuni.. Surtout avec le sourire qui s’affichait sur son visage.. M’approchant doucement du couple, je devais essayer de trouver un sujet de dialogue pour ne serait-ce dire ce que j’avais sur le cœur.

« Bonjour, je vous prie de m’excuser.. »

Je devais me montrer courtoise avec cet homme que je ne portais pas vraiment dans mon cœur, même si je le connaissais à peine, mon sourire était légèrement tirer, puis mon regard s’était tourné vers la jeune femme. Une lueur me vainc à l’esprit. Il fallait donc que je me lance, je ne devais en aucun cas me montrer grossière avec lui. Et montrer à cette demoiselle de prendre un peu plus d’assurance.

« Votre robe est vraiment belle madame, et vous l'a portez à ravir… Serait-ce de la soie ? »

Autant parler sur la tenue pour faire fuir cet énergumène qui ne m’enchantait guère..



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MessageSujet: Re: Au détour de nos vies ✘ EMMALINE & CONSTANCE   Mar 29 Sep - 9:14


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Au détour de nos vies

Bonacieux resta un instant de marbre, me toisant, son sourire se figeant peu à peu. Cet homme avait beau être parfois rude avec moi, il n'en restait pas moins la personne avec qui je me devais de passer le restant de mes jours. Et au fond, n'était pas un mauvais bougre. Comme jamais auparavant je n'avais connu ou aimé d'autres hommes, je n'avais guère d'éléments de comparaison.
C'est alors qu'une silhouette surgit devant nous, au moment où je m'y attendais le moins. Je poussai un petit bruit de stupéfaction presque inaudible.
Je mis quelques secondes avant de réaliser qu'il s'agissait d'une jeune femme de ma tranche d'âge. Sous sa mante se dissimulait une épaisse chevelure foncée aux boucles torsadées qui encadrait un visage de porcelaine. Un visage qui ne paraissait pas angélique ou poupin pour autant ; il était plutôt ogivorme et ses traits n'étaient pas ronds. Toute la beauté de cette jeune femme résidait dans son regard turquoise assuré et son haut front, mis en valeur par un port de tête des plus distingué. Assurément, elle aurait pu être une aristocrate. Mais quelque chose dans le ton qu'elle employait et le sourire qu'elle arborait laissait transparaître un brin d'insolence. L'insolence étant l'intelligence mise au service de la critique, elle ne pouvait être noble ou alors, était-elle clairement différente des autres. De plus, elle ne portait aucun habit anormalement coûteux . Tout cela me faisait hésiter sur les origines de la belle inconnue.
L'inconnue avait une bouche écarlate avec de grande dents qui brillaient telles des perles de culture. Et cette bouche se mit à bouger :

-Bonjour, je vous prie de m’excuser...

Je me demandais de quoi elle pouvait s'excuser. Ou bien était-ce des excuses faites au préalable afin de ne pas nous froisser? Qu'allait-elle donc faire ou dire?
Elle adressa un sourire poli à mon époux avant de se tourner vers moi. Que c'était étrange qu'elle ne se soit pas encore présentée.Et surtout, je la trouvais hautaine vis à vis de mon mari, quoiqu'elle ait l'air d'éprouver de la sympathie à mon égard.

-Votre robe est vraiment belle,Madame, et vous la portez à ravir… Serait-ce de la soie ?

J'hésitai un instant en lançant un regard à mon époux. Celui-ci répondit à ma place avant que je n'ai pu prononcé le moindre mot.

-Il s'agit de cachemire des Indes qui fut brodé et ouvragé en Flandre. Si vous êtes amatrice de belles étoffes, j'espère vous voir sous peu dans mon commerce. Il y a là de quoi comblez vos attentes et désirs, soyez-en certaine, nous restons à la pointe de la mode !



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Emmaline A. Winterfell

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MessageSujet: Re: Au détour de nos vies ✘ EMMALINE & CONSTANCE   Ven 2 Oct - 10:21

Au détour de nos vies
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« Que mon sort puisse être favorable »

Cet homme s’était permis de répondre à la place de son épouse ? En même ce qui était plutôt naturel, l’Homme passait devant tout le monde. Et la femme d’en tout cela devait hocher la tête et ne rien dire qui pourrait déplaire à son époux. Cette femme était donc la femme dévouée qu’un homme pourrait rêver. Ce n’était pas une vie cela.. Je voulais montrer à cet homme qu’il ne fallait pas parler quand on ne lui en donnait pas la parole. Mais je n’en ferais rien pour ne pas aggraver la situation de la demoiselle. Même si cette envie est plus que forte. Je gardais un radieux sourire sur mes lèvres rouge, pour lui indiquer que j’étais sympathique à son égard.

« Oh de cachemire des Indes…Je vois que cet ouvrage a donc fait un long voyage pour être brodé en Flandre, ma foi oui, je suis une de ces femmes qui se trouve forte intéresser par les belles étoffes. Vous allez surement me voir souvent dans votre commerce monsieur soyez-en sûr. Et j’en suis ravie que vous soyez à la mode à mon égard monsieur, en tout honnêteté, vous avez bien raison de vous mettre à la page.. Puis-je vous suggérer quelques mots ? »

Je ne pense pas que cette discussion aille loin dans tout cela, mais je me contrôlais plutôt bien, il faut l’avouer. Mon père prendrait une attaque en me voyant parler avec d’autres hommes que lui, ou ce Duncan.. Sans leur accord. Cela dit, il n’était point là pour me faire taire, je pouvais donc avec aisance leurs parler.

« Auriez-vous pensé à solliciter l’avis des autres personnes pour votre commerce ? Cela ne peut que fleurir votre commerce, pourquoi ne pas s’adresser à votre épouse, que pensez-vous de ce cachemire que vous portez ? Je vous prie de m’excuser si je pose beaucoup de questions, je ne suis pas d’ici de trouver un peu de compagnies ne peu point faire de mal.. »

Je ne désirais voir aucune femme mentir sur ces réels sentiments, je voulais qu’elle me montre comment elle pouvait se déployer, même si je ne connaissais pas son nom à l’heure actuelle. Oh suis-je sotte, je ne me suis même pas présenté à l’heure actuellement, qu’elle mal apprise, je faisais.

« Je vous prie de m’excuser de ma mal adresse, votre cachemire, ma tellement déstabilisé que j’en oublie même mes bonnes manière, je me présente, je suis Emmaline Avalon Winterfell, unique fille du seigneur Ian Winterfell résident en Écosses actuellement. Je suis à cet instant précis en voyage pour découvrir la France »

Je me suis tout de même baissé pour faire une révérence, j’avais tout de même eu une éducation, même si j’avais été élevé par des loups pendant cinq ans. Mais ça personne ne devait le savoir à l’heure actuelle. En me relevant, je leur avais affiché un charmant sourire, l’heure était pour les présentations. J’en avais presque honte de ne pas l’avoir fait plus tôt, mais c’est vrai qu’à Paris, je ne pensais pas vraiment à me présenter du fait que chose primordial, j’étais en fuite…

« Et vous monsieur et madame ? Je vous conjure de me pardonner cette maladresse.. »

Je devais rester courtoise, à mon humble avis cette dame, ne parlera pas beaucoup en présence de son époux.. Elle pourrait presque être son ombre.. Je devais donc trouver le moyen de savoir ce qu’elle pensait réellement. Ce n’était pas un mariage qu’elle avait fait.. Mais plus celui de convenance. Chose que j’ai essayé de fuir la nuit suivante…

« monsieur… je vous prie de m’excusez-vous avez surement du travail qui vous attend… puis-je m’entretenir avec votre épouse ? ce n’est pas souvent que j’entretien une conversation.. »


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MessageSujet: Re: Au détour de nos vies ✘ EMMALINE & CONSTANCE   Dim 4 Oct - 10:40


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Au détour de nos vies

La jeune femme s'extasia. Ou du moins feint de s'extasier.

-Oh de cachemire des Indes…Je vois que cet ouvrage a donc fait un long voyage pour être brodé en Flandre, ma foi oui, je suis une de ces femmes qui se trouve forte intéressée par les belles étoffes. Vous allez sûrement me voir souvent dans votre commerce, Monsieur, soyez-en sûr. Et j’en suis ravie que vous soyez à la mode à mon égard Monsieur, en tout honnêteté, vous avez bien raison de vous mettre à la page.. Puis-je vous suggérer quelques mots ?

Mon époux tisserand se rengorgea devant tant de belles paroles. Peut-être le fait que je lui ai fait cette publicité et rapporté une nouvelle personne susceptible d'être une cliente fidèle allait le rendre joyeux. J'espérais qu'il oublie pour un temps ses reproches. J'espérais même peut-être, si la jeune femme continuait, qu'il me remercierait ou me complimenterait.

-Mais très certainement, Madame, fit Bonacieux de son ton le plus courtois.

Notre belle inconnue poursuivit donc :

-Auriez-vous pensé à solliciter l’avis des autres personnes pour votre commerce ? Cela ne peut que fleurir votre commerce, pourquoi ne pas s’adresser à votre épouse.


Et sur ces mots, elle se tourna à nouveau vers moi.

-Que pensez-vous de ce cachemire que vous portez ? Je vous prie de m’excuser si je pose beaucoup de questions, je ne suis pas d’ici. Trouver un peu de compagnie ne peut point faire de mal...

Je lui adressai un sourire poli. Cependant, je restai sur mes gardes. Il y avait quelque chose dans son regard presque défiant et insolent qui trahissait ses paroles de courtoisie. Cette femme semblait bien différente des autres. Peut-être une ancienne nonne qui s'était échappée. Ou bien une princesse ayant fuit un mariage forcé. Ou encore une de ces voleuses qui courraient les rues, se faisant passer admirablement pour une dame qu'elle n'était pas. Aussi, reculai-je d'un pas. Non pas vers mon époux,il ne m'avait jamais inspiré confiance totale pour que naissent en moi des réflexes de ce genre. Plutôt sur le côté.

-Et bien, commençai-je.

Que dire? Que cette robe, aussi richement et finement brodée soit-elle n'était autre que le symbole de mon assouvissement à Bonacieux? Qu'afin de porter cette chose qui me dégoûtait presque et d'assurer à mes parents une fin de vie confortable, je devais lui obéir, lui donner un fils?
La plupart des femmes voyaient dans mes toilettes offertes par mon mari la preuve d'une attention délicate et d'un bon goût. Mais en fait, d'amour il n'y avait. Certain jour, je l'appréciais tout de même, remarquant d'autres filles bien moins avantagée que moi. Jamais je ne l'avais haïs. J'avais simplement rêvé d'un amour sincère. Chose qui, je le découvrit plus tard, n'existe pas en ce bas monde.

-Cette étoffe est ravissante. Cependant, même si le travail des tissus me tient à coeur et m'intéresse, je ne peux que me demander si une femme a réellement besoin de tant de ces atours afin d'être heureuse.

Je retins mon souffle. Ciel, qu'avais-je dit ? Je m'étais entendue parler sans me rendre compte que cela sortait de ma personne. Heureusement, la demoiselle vint à ma rescousse:

-Je vous prie de m’excuser de ma mal adresse, votre cachemire, ma tellement déstabilisé que j’en oublie même mes bonnes manières. Je me présente, je suis Emmaline Avalon Winterfell, unique fille du seigneur Ian Winterfell résidant en Écosses actuellement. Je suis à cet instant précis en voyage pour découvrir la France.

Alors c'était donc cela ! J'avais visé juste en misant sur l'aristocratie. Mon époux s'inclina profondément et je fis une petite révérence. Notre nouvelle connaissance m'imita également, preuve de sa modestie.

-Ce serait, ajouta Bonacieux, un immense honneur pour notre maison de fournir une dame de qualité comme l'est votre personne.

-Et vous monsieur et madame ? Je vous conjure de me pardonner cette maladresse... s'excusa ladite Emmaline.

-Epoux Bonacieux, pour vous servir, fit encore mon mari.

Comme les coups de midi sonnait, mon mari oeilla brièvement sur le cadran solaire de l'église. Emmaline en tira profit pour poliment demander:

-Monsieur… Je vous prie de m’excusez-vous avez sûrement du travail qui vous attend… Puis-je m’entretenir avec votre épouse ? Ce n’est pas souvent que j’entretiens une conversation.

Les derniers mots sur la rareté des conversations que la jeune femme entretenaient m'étonnèrent un peu. Cependant, je restais de marbre, à mi-chemin entre mon mari et cette écossaise s'exprimant dans un parfait français.
Mon mari devait terminer ses commission et se rendre chez un bourgeois parisien afin de prendre quelques mesures. Après tout, il n'avait pas besoin de moi.

- Je dois me hâter; un client m'attends impatiemment. Faites comme bon vous semble.

Puis se tournant vers moi:

-Soyez à la boutique après-dîné, votre aide me serait nécessaire.

J'hochai gentiment la tête en signe d'acquiescement.

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Emmaline A. Winterfell

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MessageSujet: Re: Au détour de nos vies ✘ EMMALINE & CONSTANCE   Lun 5 Oct - 22:27

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Voilà qui remettait donc les scores à zéro, je me sentais beaucoup mieux du fait de m’être présenté dans les règles. Mieux vaut tarder que n’arriver jamais comme disait le dicton. Bonacieux, j’allais mettre ce nom dans le coin de ma mémoire pour ne pas l’oublier par la suite. J’avais tendance à ne rien oublier donc une fois que je pouvais entendre un mot, je le mémorisais sur-le-champ. J’avais apprécié que cette jeune femme puisse dire ce qu’elle avait envie de dire et ne pas le cacher. Néanmoins, j’avais demandé leurs noms à temps pour que son époux ne lui en tienne pas rigueur.

Je l’appréciais un peu plus, elle pouvait tout de même dire ce qu’elle pensait réellement, sans pour autant le faire comprendre à son époux. Une chose me chagrinait quelque peu. Mais je ne serais dire quoi. Peut-être que je le découvrirais par la suite. Ces vrais tout de même, une femme n’avait pas vraiment besoin qu’on lui offre tout un apparat pour être heureux. Ces belles étoffes n’étaient rien de plus que des choses insignifiantes. En revanche, bien des personnes sont dépendants de toutes ces choses futiles, et ne voit pas ce qui peut être important à leurs yeux. Comme par exemple, l’amour ? La tendresse. Rien de tout cela ne les intéresse, seule la mode et le pouvoir sortent de leur bouche parfois. Tout cela méritait réflexion et généralement, les mariages de convenance étaient rarement voués à l’amour… c’est peut-être pour cette raison que je m’étais enfuit en plus des quelques rumeurs qui tournaient autour de mon fiancé.

« Ce serait avec joie, que je viendrais dans votre boutique pour acheter des étoffes, qui j’en suis sur, me plairont, faites donc monsieur, à une prochaine fois sans doute.. »

La  femme de monsieur Bonacieux avait donc eu la bénédiction pour rester en ma compagnie, j’allais donc pouvoir faire plus ample connaissance avec cette demoiselle. Qui était surement plus âgées que moi et semblait pouvoir être sincère en ma présence sans avoir son époux caché derrière elle. J’allais pourvoir donc peut-être entrevoir la vraie madame Bonacieux.

« Je vous l’avoue madame, les étoffes ne font pas vraiment un bonheur.. Certaines personnes ne vivent que de cela malheureusement, pour ma part ce n’est pas le cas.. Et vous qu’est-ce qui ferait votre bonheur ? L’amour peut-être ?»

Je ne voulais pas vraiment paraître impoli auprès de cette femme, mais je voyais tout de même qu’il n’y avait pas vraiment de soupçon d’amour entre cet homme et cette femme. Juste peut-être une reconnaissance mutuelle. Je voyais cette femme comme peut-être un oiseau dans sa cage, qui ne demandait qu’à être libéré, mais, pour cela peut-être, il lui faudrait le courage de prendre son envol pour ne pas finir au fond de la casserole.

« je ne voudrais pas paraître impoli madame, si c’est le cas, je m’en vois navrée, mais, vous n’avez pas l’air épanouie comme vous devrez l’être..»

Il n’y avait que de la sincérité dans mon regard, sans une once de mensonge. Je m’occupais peut-être trop de ce qui ne me regardait pas et ça me rendait folle de rage, cependant, cela m’irritait de voir une femme prisonnière de la sorte quel qu’en soit la raison.

« Votre époux ne m’a pas dit votre prénom.. Pourriez-vous m’en faire par madame.. ? »

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MessageSujet: Re: Au détour de nos vies ✘ EMMALINE & CONSTANCE   

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