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 Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]

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♣ Messages : 24
♣ Accueilli le : 02/01/2016


MessageSujet: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Sam 2 Jan - 23:39


Salomon Aldérime


ÂGE : 30 ans. ▽ NATIONALITE : ottoman. ▽ ETAT CIVIL : célibataire, par la force des choses. ▽ OCCUPATION(S) : mascotte de Son Eminence. ▽  ▽ GROUPE : les gardes du Cardinal. ▽

*Né dans un palais ottoman
*Il n'a pas connu sa mère
*Il a enquêté à son sujet
*Il a suivi la piste jusqu'en France
*Il s'est trouvé mêlé à un crime
*Menacé de pendaison, il s'est converti
*Le Cardinal de Richelieu l'a pris à son service dans un geste politique.
(Suite : voir message ci-dessous.)

AVATAR: Ranveer Singh. ▽ CREDIT : Mes blanches mains.

Derrière L'écran

PSEUDO : Ed. ▽ ÂGE : 30 ans. ▽ ETC : Très jolie ambiance hivernale !

CREDIT FICHE: ATHENA.


Dernière édition par Salomon Aldérime le Sam 2 Jan - 23:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Sam 2 Jan - 23:40


Quelques autres détails



Simple et aimable, il fait preuve du tempérament philosophe des grands voyageurs qui s’économisent en prévision d’un risque soudain, d’un effort violent. Il peut surprendre par un brusque accès de sadisme, mais s’étonne lui-même beaucoup qu’on le lui reproche, car de la manière dont il voit la vie, il s’agit toujours d’un acte qu’il pense pouvoir justifier : son système de morale est en réalité assez intransigeant. Il tue sans états d’âme, et sans perdre une seconde, ce qui est sa vision de la compassion envers les souffrances de l’ennemi.

Tireur habile à l’œil sûr, il n’est en revanche pas escrimeur à proprement parler mais ferait excellemment fonction de bourreau, car il frappe juste et sans trembler. Il y a fort à parier qu’une instruction adaptée en ferait une fine lame tôt ou tard, mais encore faudrait-il franchir trois obstacles majeurs : il n’est pas aristocrate, et donc indigne de porter l’épée ; nul maître n’a jusqu’à présent souhaité lui offrir ses lumières, peut-être par crainte d’être assassiné par ce serpent au teint d’olive ; et lui-même a besoin de faire entièrement confiance à quelqu’un avant de suivre ses conseils, ce qui n’est pas facile à gagner. En effet, aussi souriant qu’il est prudent, Salomon vous témoignera un semblant d’amitié bien longtemps avant d’en éprouver réellement le sentiment.

Ses traits exotiques apparaissent aisément innocents à l’œil peu averti, et il se compose sans peine l’air de ne rien comprendre, de ne pas parler français. On s’exprime sans crainte devant lui. D’ailleurs, même s’il comprenait le mot, maîtriserait-il le sens ? On sous-estime son art des intrigues, aussi voire plus développé parmi les gardes eunuques des palais orientaux que parmi la noblesse occidentale. On se fie à son sourire malicieux, qui ne saurait cacher qu’un petit ange… Mais soyez certains qu’il a les aptitudes nécessaires pour remercier son sauveur, le noble souverain de France, de l’avoir accueilli sur son territoire, en lui rapportant vos petits secrets, vos sourires complices, vos œillades assassines. (Du moins croit-il servir le Roi, en servant le Cardinal ; ce dernier lui a suggéré qu’il contournait parfois les ordres de sa naïve Majesté pour son propre bien.)

Et croyez que si vous devinez quelque chose à son sujet, ce sera parce qu’il en a décidé ainsi. Vos informations ne seront jamais qu’un poème écrit à dessein, un petit roman rédigé de sa main et qui vous était destiné. C’est un mercenaire assez loyal, dans son genre. (Y compris aux bêtes qui savent le servir, tel l’émerillon qu’on l’a autorisé à conserver, un oiseau noir et blanc comme un échiquier, qui répond au nom de Radu ; et aux objets qui lui plaisent, telle sa pipe à bout d'ambre, dans laquelle il ne fume pas que du tabac, une habitude conservée de son pays... où le tabac, comme le café et le vin, est interdit.)

A propos, sa vision des relations intimes n’est pas toujours aussi machiste que celui du sujet moyen de ce royaume. Il n’a pas été éduqué dans un schéma aussi strict, bien au contraire, quoique cette tolérance ne soit guère visible à sa silhouette, gestes et goûts vestimentaires, aussi mâles que ceux d'une jeune fille qui jouerait un capitan sur la scène du théâtre.

N’oublions pas que, si le légendaire  Dracula se retourna avec une violence sanguinaire contre les ottomans qui l’avaient enlevé adolescent, son frère en revanche choisit de demeurer avec eux pour le restant de sa vie, et de rejoindre leur religion, par amour pour le prince qui l’avait pris sous son aile en qualité de favori. – Ce dernier est précisément à l’origine du nom choisi par Salomon pour son oiseau, une référence obscure qui ne fait rire que lui. – N’oublions pas non plus qu’en Albanie, où notre icoglan reçut son éducation, les jeunes femmes dont le père mourait sans laisser de fils pouvaient choisir le rôle d’homme de la fratrie, pour diriger le clan jusqu’à ce qu’il retrouve un chef plus abondamment barbu.

N’oublions pas enfin la caste dont il est originaire, celle des eunuques – par un paradoxe de la nature qui prendra tout son sens à la lecture de sa biographie. Patience, chers lecteurs, tout vous sera révélé. Mais en attendant, j’attire votre attention sur un dernier point : j’ai tenu votre intérêt en haleine en vous suggérant des détails croustillants sur cet être exotique et ses mœurs ; il n’hésitera pas à en faire de même. Se donner en spectacle ne lui a jamais posé aucun problème de conscience. Pour lui, la noblesse ne tient pas aux minauderies chevaleresques, mais au réel sacrifice qui suppose, parfois, un certain sens de la débrouillardise.

C'est peut-être ce qui lui a valu l'intérêt du Duc Rouge : ils partagent une même sagesse digne de Machiavel, davantage que du chevalier Roland. Ruser, mentir, tricher, voler, et bien sûr déguiser son apparence et ses intentions, tout est bon pour remporter la victoire ; la noblesse de la cause s’étend à tous ses défenseurs, et ceux qui font passer leur honneur personnel avant cette victoire ne sont aux yeux de Salomon que des égoïstes. S’il n’était un vil bâtard sarrasin et un amputé, nul doute qu’on l’aurait déjà tué en duel pour ce type de commentaires ! Mais il pourrait écoper d’une bastonnade tôt ou tard, et se tient sur ses gardes.

CREDIT FICHE: ATHENA.


~


La vie est un voyage



Un voyage, à qui le dites-vous. Dans les contrées divisées par les eaux et les astres, comme dans les sables rougis du temps. Soliman Izalis fut surnommé « Yildirim », non pas pour son propre caractère volcanique, mais presque au contraire, pour son admiration sans bornes envers la généalogie, l’histoire et les légendes, et notamment ce personnage ottoman charismatique. Sa naissance contrariée expliquait peut-être cette quête des origines qui devait être la grande passion de sa vie, et l’entraîner dans des aventures que ses forces modestes ne le destinaient certainement pas à entreprendre.

En effet, sans être malingre, grâce à une nourriture riche administrée dans un lieu clos et protégé des miasmes, et grâce à une pratique assidûe de la danse, il reste cependant un intellectuel, non un combattant. Lors de son baptême, il y a quelques mois, on changea son prénom en un plus habituel Salomon, et son surnom, interprété comme un patronyme, en Aldérime, selon l’ouïe de son auditeur. Il n’y vit aucun inconvénient : comme il le cita lui-même, au grand plaisir et à la grande surprise de son interlocuteur, un certain cardinal de Richelieu… « Paris vaut bien une messe. » Il arrive qu’un ignorant le prenne pour un Juif, ce dont il conçoit toujours une incrédulité amusée.

De tous temps, la Méditerranée a compté ses originaux magnifiques, ses artistes incompris, ses génies stratégiques au destin tragique, et ses créateurs de mondes imaginaires. Et parmi eux, ces êtres que les hurlements de leur entourage ne peuvent convaincre de suivre la voie des ancêtres, tels que les deux personnes qui enfantèrent Soliman. Leur châtiment fut terrible. Ces deux gardes royaux furent vendus, l’un comme eunuque au palais de Topkapi, pour lui apprendre à contrôler ses instincts prédateurs, avec à ses côtés un fils stigmatisé qu’il élèverait seul, parmi les femmes, dans la honte ; et l’autre, comme esclave à des centaines de lieues, pour avoir prétendu être un homme, et avoir bénéficié de l’entraînement des gardes royaux, un privilège interdit aux êtres capables de porter la vie. Il ne lui était pas précisément reproché d’avoir menti, car après tout, sa réussite lors de l’entraînement avait prouvé sa valeur. Non, il lui était reproché de n’avoir pas su faire un choix, et d’avoir conservé les avantages de l’un comme de l’autre sexe. Nul ne sait ce qu’il en est advenu.

L’enfant et son père établirent cependant leur vie parmi les eunuques d’un harem paisible, où le seul danger consistait en intrigues, en amours malheureuses, et parfois, à l’extrême, en empoisonnements – mais aucun d’eux n’était suffisamment important pour bénéficier de cette marque d’attention coûteuse et personnelle. Soliman profitait discrètement des plaisirs offerts par cette cage dorée, et notamment de la bibliothèque fournie qui lui ouvrait les portes de textes universels, et d’univers intérieurs sans limites. On conclut, à voir cette attitude paisible, qu’il ne ferait pas un garde digne de ce nom. Il fut donc éduqué pour la tâche de fauconnier, et gardait l’oisellerie de ces dames au terme de sa carrière locale. C’est alors qu’il apprit, à dessein, mais sans en communiquer le but à quiconque, tout ce qui lui servirait pour accomplir la quête qu’il s’était fixée : retrouver ce qui était arrivé à sa mère.

Il demanda à soigner lui-même ses oiseaux, et apprit à tuer vite et de sang-froid. Il demanda à suivre la chasse, et observa d’un œil acéré le maniement des armes à feu, dont son père lui enseigna en secret les détails techniques qui lui manquaient encore. Il demanda à apprendre les langues du monde, les voies maritimes et les intérêts économiques de son prince. Il assista aux procès des eunuques ayant commis des fautes, et se renseigna sur le destin qui leur avait été attribué, en fonction de la gravité de leurs actes. Il se fit confier des missions à l’extérieur du palais, faisant ainsi la connaissance des marchands, notamment d’esclaves, auxquels le prince faisait généralement appel, et qui s’en glorifiaient d’ailleurs abondamment sans qu’il fût besoin de les presser de questions.  

Il obtint de servir les repas au Kafes, où croupissait le prétendant royal simple d’esprit, Moustapha, avec lequel il lia une amitié intéressée. Il l’appréciait bien davantage que les autres successeurs en lice, de jeunes intrigants nourris dès l’enfance d’ambitions démesurées par une mère aux dents longues. Et il apprit surtout le grand théâtre de la société des hommes, et comment en singer les rôles principaux afin d’obtenir de ses interlocuteurs qu’ils eussent spontanément l’envie d’endosser les rôles correspondants, et de jouer la scène à sa convenance.

Ces mêmes princes, encore enfants, en firent les frais car ils étaient les proies les plus dangereuses à traquer de la sorte, celles qui lui en apprendraient le plus sur les jeux du pouvoir. Le petit Mourad surtout le fascinait par sa complexité. Puritain et impitoyable, il ne supportait aucun vice et réclamait qu’on les punisse de mort. Il semblait avoir l’étoffe de mettre fin à la corruption qui gangrénait sa cour, mais avec lui, on n’avait pas droit à l’erreur. Par ailleurs, excellent poète et calligraphe, il manifestait une paix de l’esprit assez terrifiante, de la part d’un personnage si volontiers sanguinaire. Et dire qu’il n’était alors qu’un petit enfant dans l’ombre de sa royale mère !

Ainsi formé à l'école de la Cour, Soliman atteignit l’âge de 20 ans en possession de toutes les connaissances souhaitables pour un voyageur destiné à une unique mission, plus ou moins suicidaire. A vrai dire, il avait maintenant acquis la certitude que la corruption qui régnait à la Cour mettrait tout autant sa vie en danger, s’il choisissait d’y rester et de s’y investir un peu plus qu’un simple esclave ; et il savait qu’en ayant les capacités, il ne résisterait pas à cette tentation.  Il repoussa son départ juste un peu trop longtemps, et ce fut exactement ce qui arriva. Son cher prince Moustapha fut propulsé au pouvoir par la mort de son aîné régnant, et l’ébullition courtisane qui en suivit convainquit Soliman à demeurer en poste, par pure ambition naturellement, ainsi que par curiosité juvénile ; et il faut bien avouer qu’il s’était attaché à son monarque simplet, qu’il ne souhaitait pas abandonner au milieu des tigres et des loups.

Les neveux de Moustapha en particulier briguaient la place, et il ne fallut guère de mois pour que le plus âgé, ne s’en empare avec l’appui des janissaires, militaires esclaves d’origine chrétienne qui faisaient la pluie et le beau temps dans les cercles du pouvoir masculin. Or, son père avait été janissaire, avant d’être eunuque : Soliman savait à quoi s’en tenir avec ces redoutables adversaires, et raccompagna le pauvre Moustapha dans le Kafes en lui enjoignant d’oublier toute résistance. Les conspirations affolées par l’instabilité du pouvoir redoublaient de férocité. A condition de faire profil bas, il serait peut-être possible de tirer une belle épingle du jeu – et à vrai dire, Soliman espérait désormais s’enfuir non seulement à la faveur des événements, mais aussi avec un petit pactole grappillé au passage, pendant que personne ne ferait attention.

Kösem, la terrible mère du jeune prince sultan, faisait apparemment les mêmes calculs ; elle laissa finalement assassiner son fils par les janissaires mécontents pour protéger son propre avenir politique. Et pour sa plus grande confusion, le pauvre Moustapha quitta une nouvelle fois sa cellule et revint sur le trône, Soliman à ses côtés. Ce dernier se souvenait de la dernière destitution : le sultan avait été promené dans toute la ville en cortège avant d’être exécuté, comme au cours d’un sacrifice païen ; il engagea son royal ami à faire la seule chose raisonnable, traiter son neveu suivant comme un fils, et préparer une abdication officielle en sa faveur – c’est-à-dire, en réalité, en faveur de Kösem, l’enfant n’ayant alors que onze ans. Effrayé par toutes ces incohérences, Moustapha ne tenait guère à son trône et suivit son avis avec un sincère soulagement.

Rassuré sur son compte, Soliman pouvait désormais quitter son pays natal le cœur en paix. Il n’avait d’ailleurs guère envie de voir le règne qui s’annonçait. Mourad lui avait toujours fait peur, dès sa petite enfance. Il avait désormais tous les pouvoirs, et s’il en usait trop brutalement, sa mère seule en serait punie, puisqu’officiellement c’était elle qui tenait les rênes. Trois autres frères attendaient derrière lui, mais nul ne doutait qu’ils rencontreraient tôt ou tard un décès prématuré. Après tout, il avait la réputation d’errer dans les rues la nuit, en tenue civile, pour observer ses sujets et condamner jusqu’à ses soldats qui buvaient, fumaient, ou simplement consommaient un café. On entendait d’horribles choses sur les tyrannies d’Occident et leurs lois absurdes, mais ce ne pouvait pas être pire, n’est-ce pas ? Armé de cette certitude, Soliman s’embarqua, certain que c’était la dernière fois que son entourage le décorait de l’affectueux surnom de Yildirim.

Il avait accumulé les certitudes et les pierres précieuses, quant à elles cousues dans son ceinturon de grossière apparence et par lesquelles il espérait payer son voyage. Il se sentait fort et libre. Rien ne lui sembla périlleux dans le fait de débarquer à la nuit dans un petit port de pêche français, de se mêler à une population qui portait la moustache aussi noire et le teint aussi tanné que lui, d'engager la conversation avec un groupe de caravaniers dont il lui semblait avoir vu, au pays, les exacts équivalents en partance pour les pays de la soie et des épices... et de remonter avec eux le cours du Rhône, en quête des derniers indices qui lui manquaient pour remonter la trace de l'esclave noire vendue presque trente années plus tôt. L'absence des murailles de palais autour de lui était plus réconfortante que n'importe quel chant d'oiseau dans l'oisellerie de Topkapi, et la clarté des étoiles au moment de s'endormir, plus merveilleuse que les plafonds dorés, ou décorés de mosaïques rutilantes.

La fin de cette période d'enthousiasme poétique ne sonna que trop tôt. Quelle étrangeté d'être accusé d'un crime en qualité de gitan ! Ses camarades de route, quant à eux, l'avaient laissé sur place pour sauver leur peau, ce dont il ne leur en voulait pas ; il aurait agi de même à leur place, et de plus ils avaient des enfants en bas âge. Il espérait seulement que l'un d'eux était bel et bien l'auteur du geste qui lui était désormais reproché, ainsi l'injustice ne serait point doublée et il mourrait plus volontiers. Mais lorsqu'une bonne âme lui eut répété lentement, en articulant avec soin, ce que la Cour lui reprochait au juste, il éclata de rire. On s'émerveillait de sa bravoure - et l'on s'indignait de son absence de regrets - lorsqu'il entreprit, à la stupéfaction générale, de se déshabiller.

Il fut vite établi qu'il n'était physiquement pas en demeure d'avoir causé la grossesse qui lui était reprochée. En revanche, il s'agissait d'un païen, à n'en pas douter, et qui avait visiblement été mêlé à des rites pour le moins sataniques. Que faire ? On le laissa en cellule. Il réclama une Bible, ayant remarqué que tous ses gardiens en possédaient, et souhaitant améliorer sa maîtrise de la langue ; cette encourageante nouvelle remonta aux oreilles de personnages ecclésiastiques qui ne demandaient pas mieux qu'un miracle sous leur sainte autorité. Et un beau jour, un envoyé de l'Eglise vint rencontrer le Sarrasin, comme on l'avait surnommé, pour lui proposer le baptême et une vie monacale à laquelle il semblait prédestiné.

Soliman, qui s'était comporté en prison comme autrefois au Kafes, acquiesça de l'air le plus angélique qu'il put se composer. On le mena hors de geôle et jusqu'à la capitale, où ses vœux furent prononcés en grande pompe devant la cour et le peuple rassemblé. Il était bien aise de retrouver une liberté relative - comme l'a écrit un grand auteur, il s'agissait d'un temps de liberté moindre mais de grande indépendance - et remit pour un temps sa mission, qui semblait terriblement compromise par les lieues parcourues. Il se laissa volontiers examiner par les lettrés et médecins de Paris, fit démonstration de ses dons d'oiseleur, parut aux bals, chanta le Te Deum, et de façon générale s'amusa beaucoup tout en se refaisant une santé, que la prison avait menée aux frontières de l'extinction.

Or, l'homme qui l'avait racheté à cette fatale condition n'était autre qu'un grand personnage, le plus grand peut-être de ce royaume, et il ne s'agissait pas du roi. Mû par l'intérêt, la reconnaissance, l'esprit de survie et la simple logique, Soliman Izalis, dit Yildirim, rebaptisé Salomon Aldérime et désormais accoutumé à cette prononciation, entra au service du Cardinal de Richelieu et au sein de sa garde personnelle, où il ne portait point l'épée mais l'arquebuse, arme plus adaptée à sa formation de chasseur et à sa condition d'ancien esclave. Son petit faucon sur le poing, parfois alloué l'usage d'une couleuvrine en temps de guerre, le reste du temps suivant la troupe et devisant de son accent mémorable, il se faisait apprécier par son étrangeté même, et le fait qu'il en donnait spectacle sans s'offenser, sans chercher non plus à s'élever au-dessus de son rang. Il montait davantage la garde devant les bâtiments qu'il ne patrouillait la ville, du reste, car on n'aimait guère à le laisser promener seul, moitié par sollicitude, moitié par méfiance.

Il poursuivait cependant sa quête à distance, en interrogeant par courriers les registres paroissiaux du royaume et les dossiers de justice. Mais la piste se perdit pour finir irrémédiablement. Il semblait que sa mère ait disparu après avoir donné naissance à un autre enfant, et il craignit raisonnablement que cette nouvelle épreuve lui ait valu le trépas. Dans son chagrin et son découragement, il abandonna tout effort à cet égard. Il se fiait par ailleurs assez naïvement à ses cauchemars, et en fit un au cours duquel il la vit périr avec son enfant ; il supposa que c'était ce qui était arrivé, car que peut devenir un nourrisson privé de mère, en un pays qui le hait pour sa seule couleur ? Et il se consacra dès lors au service de Sa Majesté, de Son Eminence, et à un discret espionnage des braves sujets de ce royaume où l'on ne se méfiait de lui que pour son imaginaire méchanceté, non pour sa réelle intelligence.

CREDIT FICHE: ATHENA.


Dernière édition par Salomon Aldérime le Dim 3 Jan - 11:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Dim 3 Jan - 0:21

Bienvenue ! Yeux Danse
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Louise De Castel

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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Dim 3 Jan - 11:18




BIENVENUE
Le staff te souhaite officiellement la bienvenue sur le forum Calin
Maintenant que tu es inscrit(e), n'oublie pas d'aller lire le réglement et d'aller voir les différents groupes présents sur le forum.
Si tu as la moindre question, n'hésite pas à contacter un membre du staff, il se fera une joie de t'apporter son aide. Bon courage pour ta fiche de présentation !










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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Dim 3 Jan - 11:38

Merci Smile J'ai fini ma fiche. J'espère que ça vous conviendra !
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Louise De Castel

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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Dim 3 Jan - 11:40




FELICITATIONS !
Tu es désormais un membre à part entière du forum.



Tu peux maintenant créer ta fiche de liens, de sujets, ainsi que faire toutes les autres demandes dont tu auras besoin. Si tu as hâte de rpotter, n'hésites pas à créer une demande de sujet.

Et surtout : amuses toi bien !








J'ai juste un petit souci concernant l'attribution de la couleur et du groupe. Je vais régler cela dans la journée. Mais tu es officiellement validé (:

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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Lun 4 Jan - 17:18

J'ai vraiment beaucoup aimé ton histoire ! (Petite référence à Soliman le Magnifique aussi? Smile ) Tu as une belle plume et que d'imagination ! Bienvenue, au plaisir de rp avec toi !
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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Lun 4 Jan - 17:22

Eh bien, petite référence aux prénoms du pays What a Face mais oui, tant qu'à faire, autant en prendre un classe ! Merci bien, et à ton service pour l'élaboration d'un lien, quoique nos relations respectives ne risquent de débuter les choses dans un certain climat d'hostilité Rose
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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Lun 4 Jan - 19:29

Bienvenue très cher Salomon,

Je suis contente de voir de nouveau visage parmi nous o/
En plus un joli garçon que voilà Wink. Amusez vous bien parmi nous ^^
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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Lun 4 Jan - 23:44

Soyez le bienvenu, mes excuses pour les confusions concernant la date. Ange ?
Non mais en fait, c'était uniquement pour voir si vous suiviez !

*toussote et file par une porte en trompe-l’œil*
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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Lun 4 Jan - 23:48

*rattrape par le col* Hep là jeune homme, revenez ici... vos raisons me semblent fortement apparentées à des excuses. What a Face

En fait je suis soulagé de croiser un autre individu masculin, on se croirait au harem où j'ai passé ma jeunesse. Razz
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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Lun 4 Jan - 23:56

Hé bien j'ose espérer que puisque vous les prenez comme telles, vous aurez tôt fait d'oublier cet incident.
*le salue avec beaucoup de manières, trop peut être avant de lui jeter un léger regard en coin, n'oubliant pas qu'il s'agit d'un homme travaillant au secret lui aussi. Mais pas du même côté.*

Diantre, vous n'avez pas idée.
Non mesdames, ne vous fâchez point voyons, vous savez très bien que j'ai de légères tendances au cynisme voyons ! Et au fond, je vous adore.
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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   Lun 4 Jan - 23:58

J'ai déjà mangé, rassurez-vous. Cool *Bizarre... ça donne l'impression de se regarder dans un miroir à dix ans de distance.*

C'est le fond qui compte. Pour elles en tout cas, on m'assure qu'en ces lieux elles sont diablement romantiques.
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MessageSujet: Re: Les amis que nous avons perdus ne reposent pas dans la terre. [Aldérime]   

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